Récits d'un voyage initiatique dans le merveilleux monde des plantes

LES AVENTURES D’UNE APPRENTIE PAYSAGISTE

💪 Saine de corps et d’esprit… enfin presque.

De la sédentarité au travail en extérieur

De par mon choix initial de carrière j’étais « condamnée » à une vie sédentaire. Pendant 15 ans, la majorité de mes journées se passaient derrière un ordinateur, sur une chaise plus ou moins ergonomique et souvent dans des positions qui auraient fait hurler la médecine du travail. Le déménagement dans le Jura, puis l’arrivée de mon chien, m’ont encouragés à mettre un peu le nez dehors et donc faire plus d’exercice. Pas de quoi se froisser un muscle non plus, mais bon, on partait de loin.

Depuis le début de ma formation en revanche, je suis en PLS (comme disent les plus si jeunes que ça). Entre les positions accroupies, les bras levés, l’utilisation intensive de la pelle, de la pioche et du râteau (dans des sols pas toujours meubles), et le port de charges lourdes, le tout dans des chaussures de sécu, je n’ait été que fatigue et courbatures pendant 2 mois.

Alors oui c’est un peu radical comme changement, ça pique un peu de temps en temps, mais qu’est-ce que je me sens bien malgré tout. Il y a peut être un peu de masochisme dans tout ça, mais je sens surtout que mon corps se réveille enfin.

Une sportive en dormance ?

Quand j’étais petite je faisais beaucoup d’activités physiques. Bon déjà si je pouvais passer ma vie à grimper dans les arbres je ne m’en portais que mieux. Il y avait peut être déjà un indice pour le futur finalement… Et puis à une époque je cumulais trois ou quatre sports en même temps, bien que jamais trop intensivement car je n’aime ni l’intensité ni la compétition. Mais, bêtement, avec les années, en découvrant les jeux vidéos sûrement un peu, en manquant de temps et/ou de moyens quand j’étudiais, à cause de ma flemme assez légendaire sans doute aussi, j’ai arrêté le sport. Ma seule activité physique se résumant à la marche, régulière mais pas trop quand même.

Après toutes ces années à me ramollir, je me rends bien compte que je suis passé à côté d’un bien être certain et nécessaire. Bon, je me passerais volontiers de certains maux liés à ma nouvelle pratique hein. La double tendinite qui m’oblige aujourd’hui de porter une atèle à chaque main et qui me limite dans mes mouvements (et me fait appuyer sur des touches au hasard), j’avoue que ce n’était pas un rêve de gosse. A part ça, franchement, je suis tellement contente de me remuscler petit à petit, d’avoir l’impression de pouvoir faire plus et moins douloureusement. Alors certes, j’ai lu et entendu toute ma vie que l’activité physique était importante, voire indispensable au bien être, mais des fois je comprend vite mais il faut m’expliquer longtemps… L’essentiel c’est que je m’en rende compte non ?

La double tendinite vous salut

Et l’esprit dans tout ça ?

Ceux qui me connaissent le savent, je suis légèrement angoissée. Pas juste stressée, angoissée genre « trouble anxieux » et tout ce qui va avec. Pour celleux à qui ça ne parle pas trop, je réfléchis beaucoup trop, à beaucoup trop de choses, sur lesquelles je n’ai, pour la majeure partie, aucun pouvoir. J’ai peur de mille choses, je rumine pendant des heures, je me rends malade régulièrement, je dors très mal. Bref, un plaisir de tous les instants ! Pourquoi je raconte ça ? Parce que depuis que j’ai quitté mon travail sédentaire et que je suis tout le temps dehors à faire des trucs physiques et concrets, je ressens vachement moins d’angoisse.

Là encore, je ne découvre rien bien sûr. J’ai déjà lu mille fois que l’activité physique était encore plus importante pour les personnes anxieuses. Mais c’est bon maintenant j’ai la preuve que c’est vrai pour moi aussi !

Bon… Alors par contre, comme je reste anxieuse je me demande régulièrement si ça va durer, si ce n’est pas aussi et surtout dû à la nouveauté, au fait que je suis en formation et rémunérée par mon chômage donc que je n’ai pas à me soucier de trouver un travail pendant les six prochains mois. Je ne sais pas si je vais devenir paysagiste, j’ai peur de ne pas avoir assez de force malgré tout, ou juste de ne pas y trouver mon compte. Clairement, le doute est présent. Malgré tout, je me sens tellement mieux dans ma tête, tellement plus en phase avec moi même. Après des mois de détresse psychologique à me sentir coincée et impuissante, « le brouillard s’est levé » (comme diraient les anglais). Et si ça ne doit pas durer j’ai bien prévu dans profiter un maximum.


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